On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Game Over qui clignote • Editeur: Konami • Date de sortie: USA: 13 novembre 2007 - Europe: toujours pas

Contra 4

Par • le 17/2/2009 • À la une, DS, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Je m’en souviens encore, c’est comme si c’était avant-hier: nous étions en 1987 et Konami sortait en arcade Contra, pur jeu d’action bien bourrin et sévèrement hardcore. Quatre ans plus tard, le titre était adapté sur la 8 bits de Nintendo et renommé Probotector par ces chochottes d’allemands: les soldats musclés étaient remplacés par des robots, histoire de ne pas montrer des meurtres d’êtres humains. C’est que ça aurait pu choquer les pauvres petits n’enfants !

Tu vas l’avoir ta putain de guerre

Commençons par situer le contexte: à l’époque, les films de série B aux héros testosteronés et sentant bon la sueur entre les burnes cartonnent. Deux acteurs stars sont à leur firmament, et ami lecteur il va falloir deviner qui à partir de la jaquette du jeu:

Contra

Vous avez trouvé ?

Non ?

Alors voici deux indices:

PredatorFirst Blood

Voilà pour ce qui est de poser l’ambiance torride comme la jungle équatoriale: deux gros baraqués luttent contre d’horribles aliens venus conquérir la Terre. Oui j’aurais pu dire extra-terrestres, mais non, les ennemis sont eux-aussi complètement pompés sur le Aliens de Cameron. En bref, à l’époque chez Konami pour designer un jeu on s’emmerdait pas, on prenait ce qui marchait à Hollywood l’année d’avant et on faisait un subtil mélange en mettant de côté le scénario. Mais fort heureusement, et c’est la raison pour laquelle la licence existe toujours, ce mélange était bien bon: Contra était un run-and-gun de qualité dont la difficulté démoniaque (votre personnage meurt au moindre contact avec un tir ennemi ou avec l’ennemi lui-même) promet une longue durée de vie, mais également un gameplay des plus frustrants. Après diverses suites plus ou moins heureuses, voici que débarque Contra 4 sur DS qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas du tout le quatrième jeu dérivé de la licence, mais bien le quatrième volet de la série officielle et donc de la « continuité » du scénario, car il paraît qu’il y en a un.

Moi vois, moi tue

Allez hop, on y va, en route pour l'aventure !

Si vous n’avez jamais touché à un seul Contra de votre vie, autant vous prévenir tout de suite: ce jeu est réservé aux joueurs patients, aux nerfs maîtrisés, aux réflexes aiguisés et au calme olympien. En fait, ce jeu est presque un test de stress à lui tout seul. Au bout du douzième game over lors de la première heure de jeu et après n’avoir toujours pas vu la tronche du boss du niveau 1, j’ai commencé à me demander si je n’étais pas en train de simplement faire une erreur, que je n’étais plus fait pour ce genre de jeux, que ma DS allait finir dans le mur et toutes sortes de choses. Et puis, finalement, au fur et à mesure des parties, je progressais de plus en plus loin, je titillais de plus en plus régulièrement le boss voire j’atteignais le niveau 2… car oui, Contra 4 est un pur jeu d’action à l’ancienne où la moindre erreur est immédiatement sanctionnée par la perte d’une vie. Les ennemis sont rapides, leurs tirs précis, votre arme ridiculement faible à l’origine (mais fort heureusement rapidement upgradable via des bonus) et aucune concession n’est possible: vous devrez apprendre par coeur les patterns de mouvement des ennemis et l’architecture des niveaux. C’est tout simplement obligatoire, le mec qui m’annonce qu’il a terminé Contra 4 en deux heures dès sa première partie n’est pas humain, je le traiterai de menteur et je rirai de lui. Srsly.

Délicieusement vintage

Le niveau 2, qui sera le dernier que beaucoup verront tellement son boss est abusé

Pourtant malgré cette difficulté suprahumaine et ce gameplay oldschool, le titre dégage un parfum subtil et délicieux, il éveille en moi les souvenirs les plus doux, ah, la bonne époque du jeu qui ne passe pas son temps à vous donner la main, du jeu qui ne vous prend pas pour un débile complet, du jeu qui impose le respect mais en même temps vous respecte, le jeu hardcore difficile mais jamais injuste comme disait le producteur de God Hand. Car cette mécanique de gameplay désormais caduque est toujours aussi jouissive plus de vingt ans après, et je prends toujours autant de plaisir à relancer une partie et recommencer du début après un game over car il n’y a pas d’option pour sauvegarder, juste des continues à nombre variable en fonction du niveau de difficulté choisi. Si la majorité d’entre vous s’en tiendra sagement au niveau Normal (le niveau Hard étant destiné aux serial killers ou aux malades mentaux), il peut être utile de jouer en Easy afin de découvrir les niveaux avancés du jeu, l’ultime niveau et son terrible boss de fin restant toutefois verrouillés. Et puis, ça permet au moins d’admirer les graphismes magnifiques, d’écouter les remixes des thèmes connus de la série et de débloquer le sympathique mode Challenge proposant des défis toujours plus tordus et sadiques, comme traverser un niveau sans tirer, faire un speedrun, battre un boss en une seule vie, j’en passe et des meilleures.

Cission Momplete

Un passage qui donne chaud aux fesses

Les développeurs de WayForward n’avaient pas brillé par la qualité de leurs productions antérieures, autant dire qu’ils étaient attendus au tournant par les fans de Contra puisque c’est à eux que Konami avait confié la conception de ce nouvel épisode: c’est peu de dire qu’ils s’en sortent brillament. Le jeu tout entier est un gigantesque hommage à la série, avec le retour des armes spéciales (le S qui balaye large, le L qui traverse les ennemis comme un laser, le C qui est une arme à fragmentation, …), de quelques ennemis déjà bien connus, des niveaux en vue arrière dans un couloir avec des portes à détruire, mais aussi des nouveautés comme ce grappin permettant de passer rapidement d’un écran à l’autre sous réserve qu’il y ait quelque chose pour s’accrocher car, oui, le jeu utilise les deux écrans de fort belle manière. Autre nouveauté de taille, l’absence de mégabombes explosant tous les ennemis à l’écran, c’est comme ça, on se démerde avec sa pétoire et il n’y a pas d’échappatoire, on peut toutefois alterner entre deux armes histoire de varier les plaisirs (j’ai un petit faible pour le combo S/C) et en prenant deux bonus identiques on obtient la version upgradée de l’arme, chose qui arrive de toute façon très rarement vu qu’on perd tout dès qu’on crève. Cerise sur le gateau, un mode Museum retrace l’histoire de la série depuis le premier épisode et les deux premiers épisodes de la NES sont déblocables, ainsi qu’un personnage surprise. Du travail d’orfèvre.

Jouer à Contra 4 c'est comme boire un bon vin: les connaisseurs le savoureront comme il le mérite tandis que les ignorants le recracheront avec dégoût. Traitons ces gens avec le mépris qu'ils nous inspirent et apprécions ensemble ce petit bijou, ce véritable hommage aux jeux à l'ancienne dans cet écrin de modernité qu'est Contra 4. J'ai dit.

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est joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.
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11 commentaires »

  1. Tu peux même rajouter Alien dans les indices ;)

  2. Ok, ok, on devrait pas commenter « on the fly » mea culpa.

  3. Tiens donc. Voilà un jeu où tu as passé le premier boss.
    Sinon je ne dirais qu’une chose NEEEDDD.
    Le gros autiste du jeu over fini que je suis risque de replonger dans le syndrome megaman ou ghost and gobelin.
    De longues heures de jeu à savourer un jeu hardcore. Je m’en vais de ce pas acquérir cette merveille.

  4. Tiens donc. Voilà un jeu où tu as passé le premier boss.

    Putain mais le mec qui se moque.

  5. Contra, c’est un peu le jeu de bitch, c’est un peu le jeu où quand tu commences, tu es un peu étonné de te faire tuer en un coup.

    C’est aussi un peu une série hardcore, donc déja vu que j’arrive pas a faire contra 1 et que je fais toujours tout dans l’ordre, le contra 4 est pas prêt de tomber dans mes mains. Contra, ca pulse, c’est hardcore, c’est bon et en prime ca se fait en coop!

    Mais c’est un jeu de bitch.

  6. Trés bon souvenir contra3.
    Le 4 je le finis en facile mais le mode normal putain, ca fait plaisir surtout quand la mode actuelle est au fps je me planque je regagne de la vie.

  7. @coute: et par « acquérir » tu entends bien sûr « acheter », précisons-le.

    Je vous laisse, je retourne perdre contre Sagat dans SF1 -_-

  8. Ah oui tiens j’ai oublié de le dire mais il est évidemment possible de jouer à Contra 4 à deux en coop comme au bon vieux temps, à se piquer les items, à aller trop vite dans les passages à scrolling vertical et donc à tuer son pote, par contre on ne peut plus lui piquer de vie quand on en n’a plus, ça c’est triste.

  9. @ choda : bien entendu

  10. Bordel, avec le pad de la DS et un bouton L en rade, je dépasse pas le P***** de stage 4. (alors que je maitrise enfin le shoryu sur SF4 sur le joy de la 360, et ca mes amis, c’est du challenge).

    Non sans déconner. Contra 4, rageant

  11. Déjà tu dépasses le stage 2, t’es meilleur qu’un paquet de gens à s’y être frottés :) (en normal je passe pas le stage 6)

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