On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: FPS • Editeur: Microsoft • Date de sortie: Septembre 2010

Halo Reach

Par • le 8/10/2010 • 360, À la une, Tests & previews • Exemplaire du jeu fourni par l'éditeur •

Avertissement: n’ayant pas la possibilité de tester le multi de ce jeu dans des conditions optimales, ce test ne traitera que du mode Campagne.

Ultime épisode d’une saga débutée en grandes pompes sur la première Xbox, Halo Reach est en fait un prequel et se déroule avant le tout premier épisode, sur une planète éloignée…

We’ve got a problem

En l’an de grâce 2552, l’humanité met en secret au point des armures à la technologie hautement avancée, les Mjolnir, destinées à équiper les super soldats Spartans. Histoire de faire ça un peu à l’abri des regards, les militaires ont installé leurs centres de recherches sur une planète éloignée, Reach, laquelle est tout de même peuplée de quelques 700 Millions de civils. Se pensant à l’abri des regards, ils n’ont à déplorer que quelques insurrections isolées et c’est suite à des suspicions de sabotage dans une station-relais que l’équipe « Noble », composée de six Spartans, est envoyée en reconnaissance. Bien évidemment nos bidasses se rendent rapidement compte que tout ne tourne pas rond, et les cadavres qu’ils découvrent ne sont pas l’oeuvre de simples rebelles. L’attaque des Covenants est aussi brutale qu’inattendue et les défenses humaines tombent rapidement alors que la coalition extra-terrestre progresse sur la colonie.

C’est indéniable, le scénario n’est pas une merveille d’inventivité, n’étant pas un habitué de la série j’aborde le jeu avec un regard neuf et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand chose de neuf là-dedans. Si Gears of War ne dispose guère d’une histoire plus élaborée, son statut assumé de « gros actionner rempli de répliques cultes façon série B » font passer la pilule alorrs qu’on ne peut que déplorer une écriture finalement extrêmement manichéenne et simpliste pour un blockbuster calibré de l’envergure du quatrième épisode de Halo, licence reine de la marque Xbox. Mais juger un FPS d’aussi bonne réputation que la série des Halo uniquement à l’aune de son scénario serait bien imprudent de ma part, et les histoires les plus simples font parfois les plus belles oeuvres: c’est donc résolument optimiste que je démarrais l’aventure, plutôt charmé au passage par la beauté des environnements naturels de Reach.

C’est du 640p là ?

Car il faut bien le reconnaître, le monde extérieur de Reach est sacrément joli. La végétation, les montagnes, les petites rivières, tout est joliment modélisé et sent bon le nature. L’environnement rappelle fortement la Terre avec peu de libertés prises de ce point de vue, mais ce n’est pas un défaut, l’ensemble est plutôt cohérent et il est agréable d’y crapahuter, ou bien de s’y mouvoir en Warthog. En effet, les sortes de hummer bien connus des habitués de la série sont une fois de plus de la partie, et si leur maniabilité est tout sauf aisée au début puisque l’on cherche naturellement à conduire comme on le ferait dans le premier Grand Theft Auto venu, il faut reconnaître qu’elle est finalement assez bien pensée et qu’on parviendra sans mal à en faire ce que l’on veut au bout de quelques minutes seulement. Il est d’ailleurs plus que recommandé de prendre le volant, puisque l’I.A. de vos partenaires est épouvantable: les soldats humains conducteurs de véhicules ont une facheuse propension à rester bloqués dans un mur, quand ils ne se jettent pas tout simplement dans le vide, y précipitant par la même occasion tous les autres occupants. On se retrouve également parfois avec des coéquipiers restants immobiles et inactifs devant des ennemis nécessitant d’être contournés afin de les blesser, alors qu’ils devraient naturellement faire diversion pour vous permettre d’atteindre leur dos. Cette I.A. à la ramasse est d’autant plus curieuse que celle des ennemis est étonnante de finesse: il sera fréquent de se faire prendre à revers par un ennemi qui en a marre d’attendre que l’on sorte d’une planque derrière un mur, les grenades n’ont aucune chance de fonctionner en environnement ouvert contre un Covenant un peu intelligent qui les évitera, un ennemi entendant une balle de fusil de snipe claquer à côté de lui se mettra à se déplacer rapidement, etc.

Contre de tels adversaires, et épaulé par une équipe de débiles, on aura parfois fort à faire dans des environnements souvent propices à des batailles rangées. Si les champs de bataille sont assez ouverts le jeu n’est pas open world pour autant: chaque champ de bataille est relié par des couloirs et il est tout de même assez difficile de se la jouer infiltration à la Crysis. C’est en multijoueurs que j’ai compris (chèrement) l’importance du corps à corps, et celui-ci se révèle redoutablement efficace aussi en solo: on vide un chargeur sur le Covenant d’en face histoire de dézinguer son armure tout en s’approchant, et une fois à proximité quelques solides coups de crosse permettent d’en venir à bout. Cette technique est évidemment à éviter avec les ennemis qui vous foncent dessus en hurlant munis d’une grenade dans chaque main, une stratégie rappellant furieusement Serious Sam. Le reste du bestiaire, sympathique sans être transcendant non plus, use d’armes plus ou moins originales que l’on sera amené à utiliser à un moment où à un autre quand le manque de munitions se fera sentir. Elles manquent un peu de variété, mais l’épée Covenante est particulièrement redoutable et jouissive d’utilisation. Attention toutefois aux ennemis en faisant usage car il ne sera pas rare de terminer embroché si on les laisse s’approcher de près.

Tout va bien, j’ai passé mon permis en 2547

Histoire de varier un peu les plaisirs, il est également possible de piloter les engins Covenant. Très simples à appréhender, ils disposent en outre d’une sorte de canon laser frontal qui permettra de faire des ravages dans les lignes ennemies. Dans le genre jouissif, l’accostage sauvage d’un cannonier histoire d’y balancer une grenade est source d’immense satisfaction. Le gameplay ne manque pas d’idées, et lorsque l’on décolle de Reach aux manettes d’un petit vaisseau de combat et que l’on se retrouve à devoir défendre une base orbitale des assauts des Banshees ennemis, le champ de bataille spatial rappelle les meilleurs moments de Rogue Leader. Ce passage est d’ailleurs mon préféré du jeu… est c’est peut-être là que le bât blesse.

Est-ce parce que je découvre la série avec cet épisode ? Je ne me suis jamais autant senti impliqué et amusé que lors de ce combat dans l’espace, qui n’est absolument pas une phase de FPS. J’ai beau n’avoir jamais réellement joué à un précédent épisode de la série (le temps de la preview consacrée à ODST n’entre pas vraiment en ligne de compte) j’ai eu pendant toute l’aventure un désagréable sentiment de déjà vu. De déjà joué. Les space marines en armure, cela fait des années qu’on en voit et l’armure Mjolnir n’a à mes yeux rien d’extraordinaire ni d’original: celles des Gears, avec leur côté mastoc, en impose bien plus que ces soldats colorés au casque de motocross. Les armes sont pour la plupart peu inspirées et guères originales, mis à part une ou deux armes Covenantes. La mise en scène est confondante de banalité, et si l’on excepte le passage de combat spatial et celui en hélico on ne peut pas dire que l’on soit vraiment surpris lorsque déboulent des ennemis adverses… ou que l’on se retrouve particulièrement impliqué émotionnellement lorsque les différents membres de la Noble Team, avec lesquels on n’a eu que des interactions purement professionnelles et encore, pas bien longtemps, meurent les uns après les autres. Le bestiaire ennemi s’en sort mieux, mais manque tout de même singulièrement d’identité pour la moitié d’entre eux. Durant toute l’aventure, j’ai eu cette impression de jouer à un FPS générique, pas mauvais puisque plutôt beau et superbement mis en musique, mais pas génial non plus, n’apportant pas grand chose au genre, comme il peut en sortir 10 par mois dans l’anonymat le plus total, et je me suis ennuyé ferme. En y réfléchissant, je pense clairement que mon inexpérience de la série joue en ma défaveur: le jeu me semble bourré de fan service mais, pour le profane, rien ne transparaît et le plat proposé paraît bien fade.

Ultime épisode signé Bungie, Halo Reach est une sorte d'épisode hommage présenté comme un adieu aux fans. Si ces derniers seront probablement ravis et lui décerneront des lauriers par centaines, le nouveau-venu que je suis ne peut que regretter un tel manque d'originalité et de personnalité. Débuter une saga par son quatrième épisode est évidemment un énorme risque, mais puisque Reach est un prequel il ne me semblait pas idiot de tenter le coup. Finalement l'ennui et le manque d'immersion ressentis me laissent à penser que c'est loupé. Le jeu n'est pas fondamentalement mauvais, et il plaira à coup sûr aux amateurs de la série. Pour les autres le bilan est franchement plus mitigé, même si le multi, très complet, promet de longues heures de bonheur aux plus motivés.

est joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.
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12 commentaires »

  1. Je trouve la note un peu dur pour ce Halo

    Tu le dis toi même :

    - Le gameplay est parfaitement rodé
    - Il y a des scènes dépassantes (Falcon, Sabre, Warthog, Abordage de vaisseaux ennemies . . . )
    - La musique n’est clairement pas en reste
    - Les graphismes sont . . . satisfaisant (Pour moi c’est là où le bat blesse justement)
    - Le scénario est short pour les non-fans (désolés mais bon, quand on a joué aux Halos et qu’on connait un brin les les livres et le background de l’univers, ce qui se déroule sur Reach est la clef de la suite) mais a le mérite d’être épique pour les drogués (Cortana, Keyes, Doc Ashley, La mort des Spartans . . .)
    - Une ambiance quand même prenante (point discutable certes, mais la scène de nuit où l’on survol la ville en feu ou encore New Alexandrie se faisant évacuer tandis que les civils crèvent pas paquet de milles ne manquent pas de peps)

    Alors bon ca manque un peu de folie, ca manque un peu de MasterChief qui roule à 200 en Warth’ alors que le Halo s’écroule sous ses roues, ca manque un peu d’inventivité comparé aux anciens . . . mais le jeu est quand même bourré de qualités et je trouve que « 2″ est une note un peu ridicule

    (mais ce n’est que mon avis, et je peux parfaitement comprendre qu’on n’aime pas les jeux Halo)

  2. mais le jeu est quand même bourré de qualités et je trouve que “2″ est une note un peu ridicule

    Le scénario est quelconque, la mise en scène est quelconque, le jeu manque d’identité, d’inventivité, tout est d’une banalité confondante et je m’y suis ennuyé pendant 80% de l’aventure.

    Je l’ai écrit en clair dans le test: ce doit être un régal pour les fans. Je suis un nouveau venu qui découvre la licence avec cet épisode: la note n’est pas ridicule, elle est représentative de ce que j’ai pensé du jeu.

  3. Je trouve le jugement un peu dur oui, mais je dois surement être un fanboy de la première heure

    (et puis comment juger Halo sans son multi, entre le coop à 4, le Firefight et les mécaniques de gameplay tellement bien rodées . . . mais bon c’était indiqué en gros au début du test :P)

  4. encore heureux que kwyxz est difficilement impressionnable, un fan de Halo aurait réagis comme ça http://www.youtube.com/watch?v=sXasCjUTNpE

  5. ah ça y est, il est sorti !
    Je vais le lire :)

  6. Ca doit être ce qui me fait le plus mal au dent, le fait que toutes les personnes qui se pensent un brin supérieur (et ATTENTION, je ne parle pas de GamingSince, c’est une généralité) se sentent toujours obligé de faire le lien Halo = Kikoo xbox

    C’est d’un ridicule sans nom

    PS : Très drôle la vidéo :P

  7. Je peux comprendre ta déception, tu ne satisfais pas vraiment au cliché du joueur moyen de la série Halo. Cependant, ton calvaire n’est pas prêt d’être terminé, parce que si toutes les personnes qui se pensent un brin supérieures font l’amalgame Halo = Kikoo XBox, c’est parce que ces derniers n’ont pas fait grand-chose pour démentir cet amalgame.

    Et à mon avis, les gens que tu stigmatises toi-même avec cette généralité ne sont pas prêt de changer d’avis sur les utilisateurs d’Halo si on les considère ainsi ;)

    En bref, ton commentaire ne va vraiment pas dans le sens d’une réconciliation fraternelle, ce qui pourrait pourtant soulager tes dents :D

  8. ‘me rappelle une boutade à propos de l’herbe qui fait rire : « Non, le chichon ne rend pas con… mais les cons en fument ! »

    Et puis, si ça peut rassurer Ocelot, ce genre de généralisation n’est pas propre aux Halo, d’ailleurs je doute qu’ils soient de taille à concurrencer DoTA et consorts (League of Legends, Heroes of Newerth) pour le titre de plus grand réservoir à [censuré]. Et ce n’est rien à côté de ce que les « social games » nous réservent.

  9. Moi qui croyais que le plus gros réservoir c’était Counter-Strike. Je ne vis pas avec mon époque.

  10. C’pas faux :(

    (AH ! J’ai déjà moins mal aux dents :P)

    PS : T’a essayé un peu le mode Légendaire avec les cranes ? Ça c’est amusant au moins :D

  11. En même temps Halo c’est typiquement la série de jeux sympas mais pas révolutionnaires pour un sou, qui se vend très bien grâce à un rouleau compresseur de marketing et une fanbase de moutons (i.e. armée de teenagers qui cherchent surtout à avoir le jeu dont on parle partout). On pourrait également citer tous les NFS, GTA et PES/FIFA. Qu’il y en ait dans le tas qui apprécient réellement, pour des raisons de goûts, comme toi par exemple Ocelot (et moi pour le premier Halo), ça ne change malheureusement rien. Faire une partie en ligne pour s’en convaincre.

  12. Oh gosh !

    GTA . . . mais voilà qui m’amène à un raisonnement sympa, la majorité des joueurs de GTA étant des kikoos (d’après ta définition) cela pourrait expliquer pourquoi ces derniers n’aient pas vraiment appréciés le dernier en date (Qui pour moi est le meilleur de la série quand même :P).

    En effet (encore et toujours pour moi) si GTA IV a fait une croix sur la fantaisie c’est pour mieux renforcer l’ambiance et la force des dialogues, ainsi qu’un simili-réalisme qui manquait franchement aux autres opus . . . or un kikoo aime le what-the-fuck ambiant par définition, DONC ! Ceci explique cela !

    (M’enfin je suis pas tout à fait convaincu :P)

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