On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: RPG • Editeur: Nintendo • Date de sortie: 9 octobre 2009

Mario & Luigi Superstar Saga 3 : Voyage dans le centre de Bowser

Par • le 28/3/2010 • DS, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Je dois le confesser : autant le premier épisode de Mario & Luigi Superstar Saga sur GameBoy Advance avait été une très heureuse surprise, autant le second épisode sur DS avait été une petite déception. Dans cet épisode, les deux frangins voyageaient dans le temps et retrouvaient leur alter-ego version couche-culotte Baby Mario et Baby Luigi, ce qui apportait quelques mécaniques intéressantes, mais au détriment d’un scénario plutôt léger et un peu trop de facilité. Malgré tout, on y retrouvait ce qui fait le succès des RPG basés sur l’univers de Mario, depuis le bien nommé Super Mario RPG sur Super NES : des graphismes colorés, des musiques entrainantes, un univers riche et déjanté, et surtout beaucoup, beaucoup d’humour. Autant dire que j’attendais ce troisième épisode de pied ferme.

L’aventure commence avec la propagation d’une étrange maladie, la « rouliboulite », qui rend les habitants du Royaume Champignon gigantesques et obèses. Alors qu’une réunion de crise est organisée avec Mario et Luigi, Bowser débarque et utilise le champignon chanceux, un étrange objet fourni par Gracowitz, le méchant de l’épisode I, et qui avait juré de se venger dans l’épisode II durant un petit caméo… Résultat des courses : Bowser aspire dans son corps les plombiers, Peach et l’ensemble du conseil tandis que ce traitre de Gracowitz attaque son château et en prend possession.

It’s me, Maaaar… Euh, Bowser ???

Et c’est pour vous débarrasser de cet ennemi commun que vous contrôlerez non seulement Mario et Luigi, mais également… Bowser ! Celui-ci ne peut pas sauter, mais, fidèle à ses habitudes de grosse brutasse sans cervelle, sait donner des coups de poing, cracher des flammes, se mettre en boule… Cependant, la plupart de ces actions ne seront acquises que grâce à l’aide… de ses ennemis jurés ! Pour retrouver la princesse Peach, Mario et Luigi se baladent dans le corps de Bowser, et en profitent souvent pour agir sur ses différents organes pour les stimuler. Ainsi, vous irez récupérer des souvenirs dans son cerveau, vous exciterez ses narines pour le faire réagir aux pollens ce qui le fera (très) violemment éternuer, vous sauterez sur ses muscles pour le rendre plus fort, ou vous vous enfoncerez dans un nerf pour le réactiver et le faire ainsi sortir de sa léthargie… Certaines de ces activités sont d’ailleurs l’occasion de petits jeux d’habileté, de rythme, de tir, voire de patience très entrainants, ce qui casse agréablement les enchainements de plate-forme entrecoupés de combats.

Dans les phases de jeu avec Bowser, celui-ci sera contrôlé sur l’écran du haut dans une vue de ¾ haut, et vous pourrez visualiser dans l’écran du bas ses organes, où se trouvent donc Mario et Luigi, représentés dans une vue 2D plus classique, leurs séquences de jeu étant plus orientées plate-forme. Vous visualisez ainsi les frangins sur l’écran du bas, mais pouvez basculer vers Bowser pour modifier l’environnement de jeu . Ainsi, lorsque vous serez dans la zone hydrique, il vous faudra faire boire Bowser à une source pour permettre à Mario et Luigi de nager plus loin dans le niveau… et parfois recracher l’eau pour résoudre des énigmes parfois bien tordues.

Les interactions entre les deux environnements – Bowser et l’intérieur de son corps – sont particulièrement riches et bien pensées. Mario et Luigi seront par ailleurs assistés par Chippy, une Étoile d’or qui leur servira de conseiller, mais qui communiquera également directement avec Bowser pour le guider dans cette aventure qui devrait bien vous occuper près d’une trentaine d’heures, et beaucoup plus si vous voulez pousser vos personnages à fond et réussir certaines énigmes secondaires.

Des combats toujours dynamiques

Côté combat, on retrouve les bases établies dans les précédents épisodes de Superstar Saga : les ennemis se baladent sur l’écran et vous pouvez tenter de les éviter ou les attaquer en premier. Là encore, certaines interactions entre Bowser et les frangins sont particulièrement bien vues : Bowser peut ainsi tenter d’aspirer certains ennemis, qui sont alors transportés dans son corps, où Mario et Luigi devront s’en occuper. Ces derniers disposent d’attaques spéciales réalisées à deux et nécessitant un timing parfois redoutable, alors que celles de Bowser s’appuient intégralement sur l’utilisation de ses sbires à l’aide du stylet. Vous ne pourrez cependant pas les utiliser tant que vous n’aurez pas récupéré les sbires en question : Bob-omb, Koopas, Kameks ou autres Goombas sont évidemment de la partie ici.

Le clou du spectacle reste sûrement certains combats où Bowser prend des proportions gigantesques pour affronter un train ou un château-Transformers : vous basculez alors la DS, le combat se menant sur les deux écrans en même temps (oui, façon Kawashima). Bowser se trouve sur l’écran de gauche, l’ennemi à droite, et vous devez l’éliminer dans un temps limité. Là encore, un bon timing est nécessaire pour venir à bout de ces adversaires coriaces en leur filant des coups de poings ou en leur crachant du feu dessus (en soufflant dans le micro). Ces combats ne sont pas très nombreux, mais hyper dynamiques, bien réalisés et complètement « over-the-top ».

Mario et Luigi : Super tarés Saga

Outre ces combats entrainants, Mario et Luigi 3 se distingue par son humour : les nombreuses petites réflexions, les coups de rage de Bowser, sa relation parfois houleuse avec Chippy qui ne s’en laisse cependant pas mener, les mimiques et grimaces des plombiers ou encore les nombreuses références à d’autres épisodes ou autres jeux vous feront toujours sourire, voire franchement éclater de rire. Bravo d’ailleurs à Nintendo pour la qualité de la traduction, vraiment de très, très haute qualité, et collant parfaitement bien à l’humour parfois absurde du jeu.

Et en même temps, tout en rigolant de la connerie de ce bouffon de Bowser, on ne peut s’empêcher d’avoir de la tendresse pour ce personnage déchu, trahi par ses sbires, qui vit dans l’échec mais qui, pour une fois, doit travailler sans le savoir avec ses pires ennemis contre un ennemi bien pire encore. Bowser est un gros bourrin, mais on sent que chez Nintendo, on aime quand même bien ce personnage qui est probablement bien plus complexe qu’on pourrait le croire. On rit parfois de lui, mais on rit aussi avec lui.

En résumé, pas grand chose à reprocher à ce troisième opus de Superstar Saga, qui s’avère très clairement le meilleur de la série. Peut-être une difficulté pas très élevée, un scénario quelque peu linéaire, et un mécanisme de gestion des actions parfois un peu complexe… Mais cela n’enlève pas grand chose au plaisir de jeu : le rythme est enlevé et le jeu gavé de petits secrets. Et puis, ça fait quand même plaisir de pouvoir enfin jouer avec cette teigne de Bowser !

Bowser est un pilier des jeux Nintendo, il était légitime qu'il ait un jour un jeu à sa gloire, et c'est désormais chose faite avec talent et humour. Mention spéciale pour la VF, particulièrement réussie.

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est joueur depuis 1987. Fan de la Super NES, ancien membre des forces d'élites des Trucs et Astuces de Player One, GG jure surtout par Big N pour le jeu et la Pomme croquée pour le reste.
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3 commentaires »

  1. Je n’ai jamais, jamais, jamais accroché à la série des Mario & Luigi… Au vu de l’accueil formidable réservé au premier épisode dans la presse, je m’y suis essayé et me suis ennuyé à mourir… Jamais je n’ai vu l’humour qui était tant vanté par la critique. C’est dommage parce que j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose de très bon et très drôle, mais je ne m’amuse vraiment pas du tout du tout quand j’y joue…

  2. @kwyxz : C’est assez étonnant, en effet, qu’on puisse passer à côté des qualités de Mario et Luigi Superstar Saga, dont l’humour. Ce jeu est vraiment énorme et décalé et déborde de qualité. Je n’ai pas encore eu la possibilité de goûter aux suites sur DS mais, connaissant le premier, je suis quasi certain qu’elles sont des valeurs sûres.

  3. C’est pour ça que je veux une DS, ne pas pouvoir continuer la série me tue T_T

    A quand un test de l’excellente série des Paper Mario? (Paper Mario, Paper Mario 2 et Super Paper Mario?)

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