On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: RPG japonais • Editeur: Sega • Date de sortie: 2000

Skies of Arcadia

Par • le 23/11/2009 • DC, NGC, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Ayant récemment fait l’acquisition d’une xbox 360 (enfin), rien de plus naturel que de vous présenter le test de Skies of Arcadia. Pour rappel ce jeu est sorti en 2000 sur Dreamcast, puis deux addons téléchargeables mineurs ont vu le jour. La version Gamecube, Skies of Arcadia Legends, est en fait la version Dreamcast avec les addons, sans réelle amélioration graphique. Faut relativiser, ça reste plus joli que n’importe quel shareware jeu actuel sur Wii. À l’époque, Final Fantasy 7 et 8 sont sortis, Dragon Quest 7 et FF9 sont annoncés, et la vie est dure pour tous les autres JRPG. Dans ce contexte, Sega balance l’ovni Skies of Arcadia, mélange d’ingrédients classiques et d’innovations super cool.

Save the pétasse, save the world

Souvenirs de Laputa

Le scénario tout d’abord : ultra classique, sauver la pétasse innocente qui débarque de nulle part, ce qui aura bien entendu des conséquences bien plus profondes. Mais dans un univers plutôt original, puisque les continents flottent en l’air, et que le principal moyen de transport est le bateau volant. Tout cela a été multi-pompé depuis, avec plus ou moins de succès, mais dans le cas de Skies of Arcadia le concept est développé à l’extrême, puisque la métaphore avec l’océan est complète : des bancs de poisson volants, des zones de turbulences, un vortex géant d’où personne ne revient, des monstres, une armada surpuissante venant de Valua (le continent des méchants), et des pirates bien entendu. Dans cet univers, avoir un bateau est essentiel, et une partie non négligeable du jeu consiste à naviguer façon exploration des océans, ce qui procure un certain plaisir. On découvrira le nouveau monde, ce qu’il y a de l’autre côté de cette mystérieuse barrière de récifs flottants, et une centaine de « merveilles » à trouver un peu partout. On finira aussi par construire sa propre base sur une petite île, que l’on pourra upgrader avec des boutiques, des décorations, des animaux exotiques, des statues, et plein de petits détails fournissant encore une fois un certain plaisir à jouer.

Your focus determines your reality

Nous sommes les méchants

Les combats ensuite : on est encore à l’époque du random battle, et tout ce qui est donjon suit cette règle. On a également le classique choix entre attaque, magie, objet et attaque spéciale. Là où ça devient un peu plus intéressant, c’est que chaque coup de magie ou attaque spéciale utilise des points de focus, et que ces points sont partagés par l’ensemble des personnages. Autrement dit, impossible de faire cracher plein de magie et d’attaques spéciales par tout le monde à chaque tour ; il faut gérer les points de focus, et les dépenser intelligemment au bon moment. À noter également, plutôt que de rester statiquement dans leur coin, les personnages s’animent et se déplacent tout au long du combat ; il faut alors tenir compte de la disposition de chacun lors des sorts et attaques spéciales qui ont des effets de zone ou d’alignement, ce qui a un gros impact sur le déroulement des combats, et apporte un aspect fort intéressant.

Sky Wars

Je suis le gentil

Passons sur le classique système d’éléments/couleurs, pour nous intéresser à un aspect foutrement plus original : les batailles navales dans le ciel. Que ce soit pour affronter des pirates ou bien certains boss titanesques, on fait parfois cracher les canons. Gentil bateau contre bateau pirate, ou bien gentil bateau contre boss titanesque, ces batailles sont un élément totalement original, et totalement bien foutu. Le bateau est un personnage à part entière avec son équipement (coque, canons etc), sa santé (s’il crève Game Over), et ses attaques spéciales (genre un harpon géant pour Baleine célestes géantes). Après un certain passage du jeu, il devient même possible de recruter des membres d’équipages un peu partout dans le monde, ce qui modifie certains attributs du vaisseau.

Ferrero Rocher

Ce Serpantis était le dernier survivant de son espèce

L’esthétique enfin. Pour l’époque, c’est joli comme tout. Un système de rendu à plusieurs niveaux permet de rendre le premier plan de façon plus précise que le reste, et l’ensemble du jeu est très fluide. Les différents continents / îles sont jolis et colorés, et la base grouille d’activité. Les musiques collent parfaitement à l’ambiance de chaque passage, en bref c’est une expression du bon goût.

Sois beau et tais-toi

Alors bien sûr tout n’est pas parfait. On peut par exemple se demander pourquoi, alors qu’il n’y a pas de voix, on entend parfois un « Yeah » ou un « Hihi » ou encore un « Hm? », qui arrivent systématiquement comme un cheveu sur la soupe et font pitié. On peut aussi parfois penser qu’il y a un chouia trop de random battles, mais vraiment peu. Mais ces deux merdouilles mises à part, ce jeu est un chef d’oeuvre. La mort prématurée de la Dreamcast lui a causé du tort, le peu de pub sur Gamecube aussi, ainsi que le fait que les graphismes fassent légèrement datés pour ce support. Mais que ce soit bien clair : il tourne sur Wii, et quand on voit ce qui sort aujourd’hui sur Wii, aucun complexe à avoir. Attention cependant – le lancer, c’est compromettre 45 heures de sa vie.

Sorti à une époque où il était dur d'exister entre les divers Final Fantasy et Dragon Quest 7, Skies of Arcadia a réussi à renouveler le genre pour se faire une place parmi les plus grands dans le monde select du RPG japonais. Très joli à l'époque, avec un scénario super cool, un gameplay sans défaut, une grande liberté hors de la quête principale, des musiques collant parfaitement à l'ambiance et une dimension poétique et culturelle sombrant beaucoup moins dans le kitsch que chez la concurrence, c'est le RPG que tout amateur du genre se doit d'avoir fini au moins une fois.

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est joueur depuis la maternelle. Il aime notamment les RPG, la baston et les vieux jeux, mais touche à tout le reste, surtout si le reste a une paire de seins.
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2 commentaires »

  1. Je ne sais pas s’il faut en être heureux ou en pleurer, mais c’était l’un des meilleurs rpg de la Cube ;-)

    Et quelle musique d’écran-titre !! Tout y était dit : l’aventure aérienne, la contemplation… et peut-être, dans les envolées plus tristes, la mort annoncée de la Dreamcast T_T

  2. Skies Of Arcadia est une référence qui a eu pour effet, chez moi, d’être déçu par tous les RPG jap que j’ai pu jouer juste après…

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