On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Pan-pan chez les cowboys • Editeur: Konami • Date de sortie: 1991 en Arcade, 1992 sur Consoles

Sunset Riders

Par • le 10/3/2012 • ARC, MD, SNES, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Quatre cavaliers fiers et altiers font route vers le soleil couchant. Ce sont les Sunset Riders, des chasseurs de primes qui ne sont pas venus pour rigoler.

Red Dead avant l’heure

Jusqu'à 4 pour tuer des gens !

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’époque western a toujours été sous-utilisée dans le jeu vidéo. S’il y a bien quelques exemples de séries mémorables, comme les Red Dead, Call of Juarez, Wild Arms, et autres Mad Dog McCree, cet univers si représenté au cinéma reste finalement peu exploré au sein du média vidéoludique. C’est donc avec une surprise non-feinte que les habitués des salles d’arcade ont vu débarquer fin 1991 un véritable OVNI, une borne Konami qui leur laissera à jamais des souvenirs joyeux, la bien nommée Sunset Riders. D’abord parce que son aspect surprend : un jeu d’arcade jouable à quatre simultanément, même si l’on sait que ça existe, on n’y est pas forcément habitué. Et quand il s’agit d’un run-and-gun jouable à quatre, encore moins ! Car dans la droite lignée de Contra ou de Green Beret (deux autres jeux, je vous le donne en mille, de Konami), Sunset Riders est un pur jeu d’action/plateforme, un petit concentré de nervosité et de fun, qui se révèle méchamment plaisant à jouer, surtout à plusieurs.

When you have to shoot, shoot, don’t talk

Le pitch de base est simple : on incarne des chasseurs de primes, à la poursuite d’un truand local nommé Richard Rose. On choisit son pistolero parmi quatre, et avant de s’attaquer au gros morceau, on se fait la main sur du menu fretin puis on va décimer les lieutenants du grand méchant avant de finalement l’occire. Pour ce faire, il va falloir traverser des niveaux divers et variés tels qu’une ville, un train, une poursuite à cheval, une montagne remplie d’indiens… tous les bons clichés du western sont représentés, et de fort belle manière : les graphismes colorés rappellent les dessins animés, les animations sont réussies, et le jeu se paye le luxe d’offrir des voix digitalisées. Si l’on ajoute que l’humour est omniprésent, et que pierres, rateaux et autres torches enflammées seront l’occasion d’animation dans le plus pur style cartoon, il est évident que l’on n’a pas affaire à n’importe quel titre.

Zoubisou bisou !

Deux types de cow-boys sont disponibles : des baltringues munis de six-coups tellement ridicules qu’on les prend rapidement en pitié même s’ils tirent vite, ou deux vrais bonshommes avec des carabines à la puissance de feu démoniaque. Il va sans dire que les véritables héros sauront choisir l’arme rédemptrice la plus adaptée. Chaque porte ouverte (saloon, grange, maison) peut être visitée afin de récupérer un bonus de tir : soit une puissance de feu améliorée, soit un angle de tir plus large. Boire un coup ou ramasser de l’or sera l’occasion de gagner un peu plus d’argent. Si les tirs ennemis sont assez lents au début, il ne sera pas rare ensuite de se retrouver submergé, surtout à quatre. Pour les esquiver plus rapidement, une glissade est disponible en sautant tout en maintenant une diagonale bas+une direction. À l’instar de Shinobi, Shadow Dancer et autre Rolling Thunder, il est possible de progresser sur deux plans accessibles en montant avec haut+saut, et d’en redescendre avec bas+saut. Attention car une diagonale malencontreuse provoquera une glissade, avec un potentiel risque de rencontre avec une boulette adverse…

Bouffe-pognon

La version SNES, très réussie

Au fur et à mesure que l’aventure progresse, la difficulté va crescendo. Si les premiers niveaux tiendront de la promenade après quelques parties, il n’en sera vraisemblablement pas de même lorsqu’il s’agira de réduire en purée les lieutenants du dernier boss. La progression au sein même des niveaux ne sera plus aussi coton et on perdra de nombreuses, nombreuses vies avant d’anticiper les multiples dangers. Bouffe-crédit par excellence, la borne d’arcade malgré des niveaux assez courts est une belle source de crispation lorsque cerné de toutes parts on meurt en hurlant « mais c’est pas possible là y’en a partout quelle arnaque ce jeu de merde putain ». Petit truc sympa, une fois le jeu (trop vite) terminé pas de GAME OVER de mauvais aloi mais la possibilité de recommencer la partie, sorte de New Game+ léger puisque le score et les bonus de la partie précédentes sont conservés. Fort heureusement, pour les joueurs du grenier dimanche et les fauchés, les portages console existent et éviteront de devoir se ruiner sur la borne.

Le portage Super Nintendo, sans être arcade-perfect, est assez soigné. Il n’est malheureusement plus possible de jouer à quatre, ce qui représente la plus grosse perte du jeu. Quelques changements cosmétiques sont également à déplorer, comme le rhabillage des danseuses de saloon (Nintendo et son puritanisme débile) et la métamorphose « Poisonesque » des nanas courtement vêtues qui balançaient des batons de dynamite. La glissade se fait maintenant d’une simple pression sur le bouton A, ce qui évite les fausses manips. Pour le reste, les niveaux d’origine sont toujours présents ainsi que les boss et ce portage satisfera donc les fans de la borne pour peu qu’ils ne soient pas intégristes.

L'immonde version Megadrive

Du coté du portage Megadrive, par contre, c’est le drame. Une catastrophe assez difficile à comprendre puisqu’avec son 68000, son Z80 et son chip sonore Yamaha, la borne est assez proche du hardware de la console. Le jeu ne propose plus que deux personnages, les graphismes sont atroces et ressemblent à de la Master System, le haut de l’écran est composée d’une horrible bande noire, les sprites sont beaucoup moins beaux, les animations sont hachées, et les niveaux n’ont plus rien à voir… C’est bien simple, on a presque l’impression d’être devant un portage CPC de la grande époque, un jeu qui n’a en commun avec la borne que le nom et pour lequel il y a besoin de beaucoup, beaucoup d’imagination pour parvenir à y trouver autant de plaisir. Un portage oubliable, donc, à balancer à la poubelle pour ne plus jamais y revenir, et un beau gâchis.

Joli, nerveux et agréable, Sunset Riders est un bijou de fun qui laisse malheureusement un sentiment de brièveté en bouche. On y reviendra toutefois avec plaisir pour tenter de le terminer encore et encore en usant du moins de crédits possible.

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est joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.
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Un commentaire »

  1. Je n’ai connu que la version Megadrive et, malgré tout, j’en garde d’excellents souvenirs (Probablement parce que je n’avais pas de point de comparaison, à lire ton article).

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