On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Action-Aventure • Editeur: Nintendo • Date de sortie: 22 novembre 2013

The Legend of Zelda : A Link Between Worlds

Par • le 11/12/2013 • À la une, Nintendo 3DS, Tests & previews • Exemplaire du jeu fourni par l'éditeur •

Soyons honnête : les derniers Zelda n’ont pas fait que des heureux. Même si Skyward Sword était excellent et tentait de renouveler le concept du jeu, il n’arrive que difficilement à masquer l’échec du vraiment pas top Spirit Tracks, qui était vraiment trop sur rails (ah ah).

Les rails… Parlons-en. C’est un problème plutôt gênant dans les derniers Zelda. Même si on joue dans des univers immenses, on reste prisonniers d’un parcours bien trop balisé. « Hey, c’est trop dangereux par là, il te faut une épée et un bouclier ! Attention, il te faut des bombes pour passer par ici ! Hey, tu vas bientôt trouver Zelda, n’oublie pas les capotes ! » Et tout ce genre de choses. L’idée de mettre un sparring partner depuis Navi dans Ocarina of Time n’a pas fait que des heureux… Hey, listen !

Et puis, Zelda, c’était quand même le premier jeu d’aventure vraiment « open world », bordayle. On pouvait y passer des heures à se perdre dans des donjons où on n’était même pas sensés mettre les pieds, mais rien ne nous y empêchait vraiment. Vous voulez aller au dernier palais de Legend of Zelda dès le début ? Trouvez les bombes, cherchez Spectacle Rock, boum, vous y êtes. La liberté.

Plus les Zelda ont grandi, plus la sensation de liberté s’est restreinte. On a perdu en liberté ce qu’on a gagné en mise en scène. Prenez Ocarina of Time : j’adore ce jeu, il est gavé d’idées géniales jusqu’à la moelle, mais… malgré toutes ses qualités, il est quasiment impossible (sans cheat ou sans profiter des bugs du jeu…) de finir le jeu autrement que dans l’ordre prédéfini. Et ça ne s’est pas vraiment amélioré avec le temps : Zelda est devenu un jeu très dirigiste, et c’est parfois fort dommage.

Du coup, l’arrivée de A Link Between Worlds est un événement important. D’abord, parce que ce Zelda-là retrouve un univers que nous avons déjà parcouru en long, en large et en travers : le Hyrule de A Link to the Past. Oui, c’est la même carte que Zelda III. Le village de Cocorico, la forêt, le cimetière, même les emplacements de certains palais… On se retrouve en terrain plus que connu (ce qui a même fait dire à Kwyxz que ce Zelda n’était qu’une nouvelle quête de Zelda III… ce n’est pas entièrement faux). Cette fois, on doit partir chasser Yuga le chevalier du Cygne qui a décidé de se transformer les descendants des sept sages qui avaient scellé Ganon quelques années/siècles avant. Il transforme la fille du prêtre d’Hyrule, Célès (échappée de Final Fantasy VI ?) en tableau et fout la pâté à Link, qui doit aller rechercher Excalibur après avoir ramassé trois pendentifs (oui, encore…).

Sur ce Zelda, j’écris ton nom… Liberté.

Dit comme ça, ça n’excite pas plus que ça. Et pourtant, outre le fait de retourner avec plaisir dans ce Hyrule qui n’est pas tout à fait le même ni tout à fait un autre et qui m’aime et me surprend, on se retrouve vite avec un problème : on n’a plus d’objet supplémentaire ! Enfin, si, mais non. Les objets ne sont plus pour la plupart cachés dans les donjons, mais doivent être loués à Lavio, un marchand qui a décidé de squatter votre baraque. Du coup, on doit décider au début quels objets louer, sachant que si on se fait tuer (et ça arrive, mais oui), on perdra tous ces objets et on devra les louer à nouveau ! On pourra plus tard les acheter, mais ils seront assez chers… À noter d’ailleurs que le porte-monnaie de Link n’est plus limité artificiellement. Ouf. Autre nouveauté majeure : les armes ne se voient plus attribuées une quantité limitée (bombes, flèches) ou une jauge de magie : c’est désormais une jauge d’endurance qui se remplit toute seule qui permet d’utiliser les objets.

A_Link_Between_World_1

De ces gros changements en découle un autre : le jeu vous laisse plus de latitude pour affronter les donjons. Chacun d’entre eux nécessite un ou deux objets, rarement plus. Du coup, si vous avez les bons objets sur vous, vous pouvez très bien affronter le Palais des ténèbres avant le palais de glace, ou l’inverse, comme vous le sentez. C’est rafraichissant, et en même temps… ça reste assez téléguidé, car pour atteindre chaque donjon vous serez OBLIGÉ d’utiliser un objet précis, objet qui sera évidemment celui qui sera indispensable pour arriver dans le donjon. Comme on peut en plus louer quasiment tous les objets dès le départ, on peut aussi rentrer dans chaque donjon avec tous les objets nécessaires. Parlons-en d’ailleurs de ces donjons : dans l’ensemble, ils sont assez décevants. Non pas qu’ils ne soient pas originaux (certains passages sont bien magiques, avec des astuces comme on les aime dans Zelda), mais ils sont hélas bien trop courts. J’ai du passer la plupart en une heure trente maximum chacun. Snif. Il y en a quand même une bonne dizaine dans tout le jeu, mais ça fait un poil short, aucun ne proposant un challenge digne des Zelda sur Gameboy, par exemple (Link’s Awakening ayant quelques-uns des meilleurs donjons de toute la saga, et étant sûrement dans mon top 3 des Zelda, toutes plates-formes confondues).

Ganon, je ne peux plus le voir en peinture

Une autre mécanique fondamentale sera présentée après le premier donjon : Link se voit confié par un marchand ambulant un bracelet magique, qui lui donnera le pouvoir de se transformer en… peinture ! Collez-vous contre un mur, appuyez sur A, et hop, Link se fond dans le mur et peut se déplacer horizontalement, ce qui l’aidera à passer certaines fosses ou à passer du monde d’Hyrule vers celui de Lorule, le “dark world” de ce Zelda. Cette nouvelle mécanique est particulièrement rigolote et est bien exploitée tout le long du jeu, voire dans certains combats contre les boss.

A_Link_Between_World_2

Ces derniers, souvent très originaux, sont parfois un peu délicats à vaincre (j’ai même perdu une vie, une fois ou deux. Ouais), en tout cas bien plus que la moyenne des Zelda précédents. Si vous êtes rompu à Zelda, ça devrait aller, mais les plus jeunes pourraient en baver un peu plus. Côté 3DS, pas de gimmick à la con : le micro et le stylet ne sont pas utilisés, Link se contrôlant au pad analogique et le choix des armes se faisant via l’écran tactile. En revanche la 3D est VRAIMENT bien exploitée, avec des très beaux effets. L’effet de profondeur sera même parfois indispensable pour s’en sortir, les différents plans étant parfois mêlés assez subtilement.

A_Link_Between_World_3

C’est un peu court, jeune homme (en vert avec des oreilles pointues)

Et on en vient à ZE point faible : la durée de vie, ce qui est un comble pour un Zelda. Les donjons n’étant pas super durs à atteindre, vous allez finalement boucler le jeu assez rapidement si vous êtes un tant soi peu rompu à la mécanique des aventures de Link. Certes, il y a des quêtes secondaires, certaines amusantes, un donjon de 50 étages à affronter (mais il se torche pour ainsi dire assez vite… rien à voir avec l’enfer du donjon aux 100 étages de Paper Mario : la porte Millénaire par exemple), ainsi que des combats contre des Links noirs récupérés via Spot Pass. Mais dans l’ensemble, ça reste un peu court…

…Et pourtant, pourtant… Malgré cette facilité, la magie opère grâce à ses originalités, son gameplay impeccable, ses graphiques superbes (j’adore le look du Link sur le mur), les reprises fantastiques des musiques d’ALTTP et beaucoup d’astuces qui donnent le sourire. Du coup, on finit le jeu, on est triste que ça soit passé si vite, et on n’a qu’une seule envie : y retourner au plus tôt. Et ça redonne espoir pour un Zelda Wii U qui reprendrait un concept de véritable open space…

PS : concernant la note, j’avoue avoir  (TRÈS) longtemps hésité entre 4 et 5. Si je devais ne me fixer que sur la longueur du jeu, je resterais sur un 4. Mais l’expérience de jeu a été si prenante que je pense qu’il mérite largement d’être joué. Donc, je resterai quand même sur 5.

Un retour aux sources pour ce Zelda qui réserve pourtant pas mal de bonnes surprises. On aimerait juste qu'il soit un poil plus long… Mais il vous fera sans peine oublier les Zelda précédents sur DS.

est joueur depuis 1987. Fan de la Super NES, ancien membre des forces d'élites des Trucs et Astuces de Player One, GG jure surtout par Big N pour le jeu et la Pomme croquée pour le reste.
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12 commentaires »

  1. J’ai été très agréablement surpris par ce Zelda dont je n’attendais rien. Il est en effet un digne descendant de ALTTP tout en tentant de nouvelles approches.

    Du côté de ces nouvelles approches il y a du (très) bon et du (beaucoup) moins bon. Le nouveau gameplay lié au mode “peinture” renouvelle bien les puzzles. L’idée de liberté d’ordre des donjons est intéressante et en effet fidèle au tout premier opus même si je trouve ça beaucoup plus intéressant dans ALTTP (si, si, l’ordre des donjons du monde des ténèbres peut être facilement contourné sans exploitation de bug, en réfléchissant bien).

    Non, ce que j’ai trouvé dommage c’est justement la gestion de l’équipement à louer/acheter. Pour faire court, le jeu est tellement généreux en rubis que j’ai pu louer l’intégralité des objets avant même de faire un donjon de Lorule, juste avec les rubis récupérés en visitant la map… Du coup c’est à mon sens comme si on m’avait donné directement tous les objets au début du jeu d’autant que n’étant mort qu’une fois au début du jeu je n’ai jamais perdu cet équipement. J’aurai trouvé plus intéressant que les objets soient eux-même (bien) cachés sur la map. Que l’on puisse les récupérer dans n’importe quel ordre mais que l’on ai à les chercher !

    Autre point noir, ce Zelda est vraiment trop facile. Quand je refais -presque annuellement- ALTTP, il m’arrive encore de perdre une ou deux vies sur le parcours. Pour ALBW, j’ai terminé le jeu du premier coup (et à 100%) en ne perdant qu’une seule vie… Et je n’ai acheté des potions que pour le donjon de 50 étages (et encore, une suffit largement).

    Donc c’est pour moi un excellent Zelda, surtout après les deux opus DS et leur gameplay tactile énervant (et Skyward Sword et son motion-gameplay du même acabit), mais il reste en dessous des Zelda majeurs.

  2. Si vous trouvez le jeu court, vous pouvez tenter le re-run en difficile, les ennemis font 4 fois plus de dégats, le challenge est vraiment plus présent, surtout si on tente de faire un run parfait sans mourir.

  3. Je n’ai pour l’instant passé qu’une heure dessus mais j’y ai pris plus de plaisir qu’en dix heures sur cet étron de Spirit Tracks.

    Par contre je regrette qu’il faille finir le jeu une première fois pour débloquer le mode difficile… déjà que les Buzz Blobs n’électrocutent plus par défaut…

  4. Kwyxz : oui, je suis bien d’accord. En fait, je trouve que faire perdre 4x plus de dégâts c’est un peu too much ^^ 2x suffirait largement en fait, pour avoir un bon niveau de difficulté. Ou rendre les cœurs de régénération moins présents dans le jeu normal.

  5. Environ trois heures de jeu, je suis à Lorule. Putain, qu’est-ce-que c’est bien.

  6. @Kwyxz : tu veux faire un second take ? :-D

  7. J’ai eu exactement le même sentiment que toi, je l’ai acheter un peu sur un coup de tête malgré les dizaines de dizaines de jeux qui me restent a faire et… Bordel, qu’est ce que je m’amuse, qu’est ce que c’est agréable.

    Je pense que malgré la facilité du titre, on ressentira rarement autant de plaisir a jouer a un Zelda depuis un bout. C’est juste fluide, facile a prendre en main, complet. Le bon point de ce Zelda en fait, c’est vraiment que malgré la quête qui semble se faire assez vite, il y a beaucoup de petits trucs a faire. Les donjons sont courts mais très agréables.

    Et le titre est vraiment beau, ce qui me surprend. Non, vraiment une excellente surprise que ce Zelda, j’espère pouvoir être autant régaler quand je serais vers la fin du jeu.

  8. Ca fait un moment que je n’avais pas fait de Zelda et celui-ci me plait beaucoup.

  9. Jeu terminé à 99%, il ne me reste plus que le Super Filet à Papillons à récupérer.

    La note est amplement méritée, la dernière fois que j’ai autant pris mon pied sur un Zelda portable c’était sur Link’s Awakening, autant dire une éternité. C’est sûr, le jeu est trop facile de base, c’est sûr les donjons sont très courts, mais ça passe comme une lettre à la Poste. Un pur moment de bonheur, beaucoup trop rare au sein des actuelles productions Nintendo.

    Comme quoi, quand ils veulent, ils peuvent.

  10. Tiens d’ailleurs je serais bien intéressé de savoir ton opinion sur Bravely Default kwyxz.

  11. Il n’est pas encore sorti aux USA, donc pour l’intant… je n’ai pas d’opinion. Mais j’ai précommandé le jeu, donc ça viendra :)

  12. J’ai remarqué une p’tite faute dans le texte : ” ainsi que des combats contre des Links noirs récupérés via “SPOT PASS”. Mais dans l’ensemble, ça reste un peu court…” Les links noirs ont les récupère via “STRRET PASS”

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