On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Action-aventure • Editeur: Nintendo • Date de sortie: 14 janvier 1987

Zelda II : The Adventure of Link

Par • le 23/12/2010 • NES, Tests & previews, Wii • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Zelda II est une curiosité dans le monde de Nintendo. Déjà, il s’agit de la suite directe du précédent épisode, et ce Zelda se voit même affublé d’un numéro 2 (ce sera le seul de la série à avoir un numéro de suite directe). Ensuite, parce qu’il a inauguré une jouabilité qui n’a jamais été retentée depuis, en mélangeant à la fois la recherche, l’action, l’aventure et même le jeu de rôle. Et finalement, le mix de tout cela est loin d’être aussi imbuvable qu’on le prétend souvent.

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point les âmes aux gros nez.

Cela fait quelques années que Link a fourré son épée en travers de la gorge de Ganon. Un beau matin de printemps (oui, c’est le printemps, regardez la carte du jeu, bordel), il découvre sur sa mimine gauche une étrange marque, ressemblant étrangement à la Triforce. « Vindediouss », s’écrie-t-il, et aussitôt se rend-il chez Impa, la vieille de service, qui l’emmène dans un château pour y retrouver le corps allongé et endormi de Zelda. Cette dernière n’a rien trouvé de mieux que de se trouver ensorcelée par un sorcier à la con, qui en plus a clamsé avant de révéler certains secrets à son frère (le frère de Zelda, oui c’est space comme histoire). Et, autre surprise, il y a une autre Triforce qui se balade dans la nature, enfin plus exactement au fond d’un donjon super caché qui ne peut être accessible qu’après avoir placé 6 pierres dans six statues (très semblables à celles de l’ile de Pâques, vraiment bizarre) localisée chacune à la fin d’un palais. Evidemment, seule cette Triforce permettra de sortir Zelda de son sommeil. Nintendo, ou l’art du scénario pas toujours trop violent.

Hyrule rules

Zelda II a en revanche inauguré un concept de jeu très particulier, ce qui explique son caractère un peu mal-aimé. Là où la Légende de Zelda avait inauguré le concept d’aventure en mode top-down, Zelda II n’utilise ce mode que pour l’exploration sur la carte, sur laquelle on trouve des villages, des cavernes, des forêts, et un sentier balisé dont il vaut mieux éviter de s’éloigner pour ne pas tomber sur des vilains streumons. Ces derniers sont visibles sur la carte et vous pouvez même tenter de les éviter (assez facile au début du jeu, littéralement impossible à la fin).

Mais dès que vous touchez un ennemi ou accédez à un lieu d’intérêt comme un village, une caverne, un donjon ou certaines zones plus ou moins cachées, la vue passe en mode action, et là, on découvre un Link qui donne des coups d’épée bas ou haut, qui peut sauter pour éviter des ennemis ou passer des obstacles, et même lancer des sorts. Ces derniers, au nombre de huit, doivent être appris dans les villages du jeu, souvent après avoir résolu une petite énigme. Sorts d’attaque, d’agileté, de défense, de découverte de mystères… Les sortilèges sont variés et faciles d’utilisation. Et vous en aurez besoin pour passer les donjons, assez longs et assez difficiles dans l’ensemble. Vous trouverez dans chaque donjon juste ue arme, mais aucun plan ni boussole. Cela rend la difficulté bien plus élevée. D’ailleurs, Zelda II est un jeu assez dur, et finir le dernier palais est encore plus dur à affronter qu’un test de Pipo bourré (surtout vu le parcours du combattant juste avant).

ZELDA, ZELDAAAAAAAAA !!!

Zelda II pimente également un peu le tout en ajoutant quelques éléments du jeu de rôle : chaque ennemi tué rapporte de l’expérience (on trouve aussi des petits sachets d’expérience parfois dans des endroits bien précis du jeu), et cette expérience peut servir pour augmenter au choix votre puissance, votre défense ou réduire la consommation de magie. Cependant, si vous avez quelque peu de marge de manœuvre pour améliorer tel ou tel critère à la suite, vous ne pourrez pas donner à fond la priorité sur un critère : vous aurez toujours un Link à peu près équilibré. Autre problème : si vous perdez toutes vos vies ou éteignez la console, votre niveau d’expérience retombe à zéro ! Parfois frustrant. Ah oui, en parlant des vies : c’est le premier et dernier Zelda dans lequel Link dispose de vies et même de poupées 1-Up (en quantité archi-limitée et très difficiles à trouver).

Côté technique, ce Zelda alterne le bon et le moins bon. Le moins bon, c’est une carte pas vraiment folichonne et des séquences d’action parfois aux décors parfois assez vides. De même, ça clignote parfois pas mal, alors qu’il n’y a pas beaucoup de monde à l’écran. Côté positif, les musiques sont toujours très entrainantes (aaaaaah le thème des temples !), l’animation rame peu, Link est bien animé dans les séquences d’action, certains boss sont assez gros et la maniabilité est dans l’ensemble parfaite… Si ce n’est ce satané recul de Link lorsqu’il se fait toucher et qui vous fera tomber plus d’une fois dans la lave ou la flotte, synonymes de mort immédiate. Et finalement l’action est assez diversifiée et les énigmes assez tordues pour qu’on y prenne plaisir. Sans compter que la difficulté va vraiment en se corsant grave sur la fin, le dernier palais étant particulièrement immonde. À noter d’ailleurs que le jeu est divisé en deux continents, et le deuxième est fichtrement plus difficile que le premier…

L’aventure c’est l’aventure de Link de Link

Ce qui est étonnant, c’est que je me suis relancé récemment dans ce Zelda, et je l’ai encore trouvé vraiment excellent. Certes, on est très loin de la richesse d’un Zelda III, mais il a ce petit quelque chose qui fait qu’on y revient, qu’on essaie de monter en expérience, et qu’on s’éclate vraiment à faire des attaques avec la fameuse botte secrète ou avec le coup vers le haut, ou encore à renvoyer ses attaques vers ses ennemis avec le sort du bouclier-miroir, sans oublier les combats bien violents avec les IronKnuckles ou un boss final trèèèèèèèèèès intéressant (pour l’époque, hein, depuis son idée a évidemment été quelque peu reprise). Enfin, en tout cas, on s’amuse bien plus qu’avec Spirit Tracks. Pas difficile, vous me direz, mais quand même : Zelda II était une jolie prise de risque de la part de Nintendo, et à ce titre, il mérite toujours d’être redécouvert aujourd’hui, d’autant plus qu’il est disponible depuis quelques temps déjà sur la console Wiirtuelle.

Pas le plus beau des Zelda, pas forcément le plus riche, mais un mélange d'action et d'aventure très loin d'être dégueu. Si vous avez vraiment envie de vous emmerder sur un Zelda, n'hésitez pas plutôt à prendre Spirit Tracks.

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est joueur depuis 1987. Fan de la Super NES, ancien membre des forces d'élites des Trucs et Astuces de Player One, GG jure surtout par Big N pour le jeu et la Pomme croquée pour le reste.
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8 commentaires »

  1. Aaah, enfin, hommage est rendu au premier Zelda auquel j’ai joué sur MA console NES. Alors oui au premier abord ça m’a un peu dérouté par rapport à ce que j’avais vu sur les Super NES des copains à l’époque, mais finalement je me suis accroché, et je suis allé assez loin. Las, à l’époque j’étais limité à 2 heures de jeu par jour de week-end et le mercredi, j’ai donc petit à petit perdu le fil de l’histoire, et à la fin je ne savais plus où il fallait que j’aille.

  2. Bah moi c’est pire : en fait je le louais (alors que c’était même pas autorisé par Nintendo) à une boite qui vendait aussi les jeux à côté de chez ouam. Donc j’y jouais (mais longtemps) le week-end quand je pouvais le louer. Et en espérant tomber sur la bonne cartouche, celle qui contenait ma sauvegarde… :-D Et ça m’a permis quand même de le finir (en 4 ou 5 longs week-ends je pense).

  3. Jamais compris pourquoi ce jeu était aussi mal aimé. Il a toujours fait partie de mes Zelda préférés.

  4. Le dernier palais me donne encore fréquemment des cauchemars. Néanmoins, il reste pour moi un des meilleur Zelda par son originalité. Même si Majora’s Mask restera toujours le vrai ovni Zelda.

  5. Ce fut mon premier épisode Zelda (grâce à un excellent carnet de notes en novembre 1990) et il reste un de mes préférés.
    Effectivement, comme mentionnés dans le billet, les musiques, l’accumulation de points d’expérience, le dynamisme des combats, la variété des sorts, la grande taille de la carte du monde, les palais nombreux et variés sont les vrais arguments du jeu.

    C’est vrai qu’il dénote par rapport au reste de la saga Zelda, sans doute n’y retrouvons-nous pas l’habituelle atmosphère onirique et/ou magique (via les musiques, couleurs des graphismes et types d’ennemis et de PNJ).
    Dans Zelda 2, Link est vraiment seul, face à une immense contrée dangereuse, les lieux visités sont tous hostiles (même les cavernes aux fées ne sont pas aussi « rassurantes » que celles de Zelda 3 par exemple), et le chara-design des ennemis tend presque toujours au style agressif/guerrier.

    Plus que le changement de gameplay (action/RPG en 2D), c’est peut-être aussi cette rupture avec l’ambiance classique des autres Zelda qui vaut à ce titre d’être mal-aimé.

  6. Probablement parce que les gens n’aiment pas le changement ?

  7. @sseb22 : pourtant on peut pas dire que le public s’était habitué à un style vu qu’il n’y avait eu qu’un épisode auparavant :-D

    L’analyse de @gazza8 est peut-être plus juste : effectivement le jeu semble plus noir, l’univers plus dangereux et agressif, en dehors des villages qui constituent quasiment la seule aire de jeu sans danger (et encore, parfois les villageois se transforment en chauve-souris…).

  8. Mon premier Zelda… ^^
    J’en avais fait à peu près la moitié, sans comprendre trop l’anglais huhuhu

    Une référence !

    (et je viens de finir Spirit tracks, et c’était douloureux !!!! Je le déconseille aussi aux fans de Zelda ;)!!)

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